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« Les forêts doivent être protégées. La forêt de Mbao qui faisait plus 800 hectares est maintenant à moins de 600 hectares… », Abdoulaye Pouye maire de Mbao

Alioune Badara SALL, Mbao.
La journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse a été célébrée ce mercredi 20 juin 2018 à la forêt classée de Mbao sous le thème « la terre a une valeur, investissez-y » . C’était en présence du secrétaire général du ministre de l’environnement et du développement durable.
La cérémonie qui avait pour cadre le club équestre de Mbao a vu également la présence de partenaires comme l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), de femmes réunies au sein de groupements féminins et s’activant dans la forêt classée de Mbao.
Cette cérémonie était l’occasion pour les populations riveraines d’exprimer leur satisfaction quant à la préservation de la forêt par les autorités qui en ont la charge.

Selon Elimane Seck qui a porté la voix des chefs de village de Mbao, « cette forêt permet aux jeunes et aux femmes d’accéder à la terre, de mener des activités génératrices de revenus et de pouvoir subvenir à leur besoin. Les populations de Mbao s’identifient à la forêt » a-t-il dit. Embouchant la même trompette, la présidente des groupements maraîchers a salué l’engagement des femmes dans ces activités économiques. Suffisant pour que le maire de Mbao attire l’attention des autorités sur les dangers qui guettent la forêt classée de Mbao. Abdoulaye Pouye a listé ces menaces qui ont pour nom : les travaux du Train Express Régional (TER), l’autoroute à péage, …etc. Après avoir salué le choix porté sur la journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse, Abdoulaye Pouye dira que « les forêts doivent être protégées. La forêt de Mbao qui faisait plus 800 hectares est maintenant à moins de 600 hectares à cause de ces travaux qui la menacent ».

Pour lui, il n’est plus question de développement seulement mais de développement durable en protégeant tout ce qui nous est proche. « Quand on parle de développement durable, on parle des trois piliers à savoir l’économie, l’écologie et le social. Et qui parle de social parle de population » nous renseigne le maire.
Dans sa communication, le sous directeur général en charge du département des forêts de la FAO , portant le message du directeur général de la FAO, Dr José Graziano da Silva, dira que « sans investissement dans la gestion durable et la restauration des terres et des ressources naturelles associées incluant les forêts, les sols, l’eau et la faune sauvage, il n’y aura pas de croissance, pas de nourriture, pas de biens, pas de services et pas d’emplois pour les générations futures ».

Quant à la lutte contre la désertification, poursuit Hiroto MITSUGI, les jeunes, les femmes et les hommes sont les véritables acteurs à travers une gestion durable et une restauration des forêts et des paysages . Parmi les initiatives prises dans le cadre de la lutte contre la désertification, la grande muraille verte n’est plus, selon le représentant du Directeur Général de la FAO, une bonne réponse mais il faudrait une réponse de l’Afrique au changement climatique, à la perte de biodiversité, aux conflits qui entrainent la migration forcée et la famine.
Le colonel Major Beydi Ba, directeur des eaux et forets, porté récemment à la tête de la commission africaine des forêts pour un mandat de deux ans et aussi vice-président de la commission mondiale des forêts, a dit toute sa satisfaction pour cette distinction.

« C’est un sentiment de fierté, une lourde tâche. Nous sommes en train de tenir la 21ème édition des forêts et de la faune sauvage. Nous allons, durant ces deux ans, être le porte voix de tout ce qui porte sur la forêt et la faune. C’est un honneur pour le Sénégal, et notre pays se bat depuis des années pour une bonne gestion durable de nos forêts » déclare-t-il. Il poursuit pour dire que les forêts jouent un rôle important dans la vie économique des populations en ce sens qu’elle leur permet de lutter contre l’insécurité alimentaire et la désertification. « Les forêts ne connaissent pas les frontières. Une forêt qui commence au Sénégal peut continuer jusqu’en Gambie. Aujourd’hui, si les peuples gambien et sénégalais travaillaient la main dans la main dans les comités villageois pour gérer ces forêts, ils seront les premiers à lutter contre le trafic de bois ». Entre autres sujets abordés dans les commissions tenues dans ce sens. Grâce au partenariat avec des organisations internationales, la grande muraille verte va se prolonger, avec d’autres pays qui veulent intégrer ce programme, qui s’étant de Dakar à Djibouty, pour former le continent vert. De réels dangers menacent existent contre les forêts au Sénégal comme nous le confirme le secrétaire général du ministre de l’environnement et du développement durable, M. Guissé, selon qui 30% des terres ont perdu leur valeur donc dégradées.

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Daouda SOW

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