A LA UNE Actualité Diourbel societe

Diourbel – Préparatifs de la Korité : Des parents « redoublent » pour « laisser passer » les enfants

De Abdoulaye Faye, Diourbel.
A la veille de la célébration de la fête de Eid Al Fitr (korité) marquant ainsi la fin du mois de Ramadan, les préparatifs sont à leur comble; Au niveau du marché Ndoumbé Diop de Diourbel, c’est la grande affluence. Ici, l’attraction, c’est chez les vendeurs de tissus de tous genres, de chaussures, d’accessoires et les tailleurs dont certains continuent de recevoir encore des commandes.
Malgré la chaleur, le marché est bondé. À quelques jours de la fête de Korité, l’heure est aux derniers réglages. Des femmes sont sorties nombreuses pour finaliser, s’occuper de leurs nouvelles tenues et celles de leurs enfants ou frères en perspective de la fête religieuse. Au niveau des commerces tous les moyens sont bons pour attirer des clients: l’animation, avec de la musique très présente, malgré le Ramadan.
Certains vendeurs utilisent des hauts parleurs pour attirer des clients, des curieux, tandis que d’autres utilisent le tam-tam ou le «bongo». C’est un méli-mélo, un concert indescriptible et presque assourdissant qui participe à maintenir la bonne humeur dans le marché. L’ambiance est au rendez-vous et c’est difficile de se frayer un chemin à l’intérieur du marché. Du monde, il y en a. Mais, que dire des ventes ?
Saliou Diop, trouvé dans son magasin entrain de manipuler son téléphone nous fait savoir que les clients se font un peu rares. « Les clients ne sont pas encore aux rendez-vous, mais espérons qu’ils seront présents d’ici deux jours », déclare le jeune vendeur de tissus. Le «till», «jipir», «brodé» et le «horganza» sont en vogue, partout dans le marché cette année. Ce sont des genres de tissus qui sautent à l’œil nu.
Une autre vendeuse est trouvée allongée sur une natte dans sa cantine, du fait du Ramadan. Habillée en jean, avec un voile blanc sur la tête, Aminata Ndiaye, vendeuse de tissus est dans la même mouvance que Saliou Diop. « Franchement, cette année, les clients ne sont pas au rendez-vous ». Elle continue en disant: « les mamans viennent mais, en général, c’est pour les enfants car elles disent que c’est la fête des enfants », a soutenu la jeune commerçante, le visage crispé.
Toujours, dans le marché, en se faufilant entre les personnes, tellement il était difficile de circuler, on parvient à entrer dans un autre magasin pour avoir le cœur net sur les tissus en vogue. Mais ici aussi, c’est toujours le « till », le « jipir » et le « brodé » qui sont plus prisés par les femmes. Du coté des hommes c’est le « su-persan » et les prêts-à-porter qui se vendent le plus dans le marché. « En cette période de chaleur, les tissus légers sont les plus prisés », affirme cette dame qui a préféré taire son nom. Les prix sont accessibles, pour toutes les bourses. « Pour le till, le mètre coûte entre 4000 et 20.000 FCFA », dit-elle.

Chez les tailleurs

Après les cantines et magasins de commerce, place aux ateliers de tailleurs. Dans cet atelier de tailleur, on à du mal à s’entendre tant le bruit des machines à coudre est intense. Serigne Gueye, 44 ans, exerce ce métier depuis 30 ans. Cette année, son équipe a environ 90.000 commandes. Le modèle pour femme le plus en vogue serait la « taille mam » aux « manches éléphant ». Certes, il y a de nouveau model qui sont très prisés par les femmes, mais la « taille mam et les robes en manches éléphants sont à la mode », dit Serigne Gueye, le sourire aux lèvres.
Pour les hommes, la mode est aux « demi-saisons » et aux « caftans en robe ». « Le tissu su-persan est la tendance chez les hommes car c’est beau et simple », souligne Amady Bâ, âgé de 26 ans trouvé devant sa machine entrain de coudre une robe pour une femme. Cependant, il affirme que les commandes sont en bonne marche par rapport à l’année dernière. Il affirme que les commandes seront livrées à tant.

Pas assez de clients chez les vendeurs de garniture

Avec les tissus comme le « jipir », « till » et les « brodés » qui sont en mode pour la fête de Korité, les femmes n’auront pas à payer cher aux tailleurs la garniture et autres accessoires rentrant dans la couture de leurs tissus. Car, ces étoffes disposent déjà de garniture. Khadim Mbaye, vendeur de tissus et de garnitures ne dit pas le contraire. « Cette année, les garnitures ne sont pas trop prisées car la majeure partie des tissus ont déjà leur propre garniture », déclare-t-il.
Sokhna Anta Mbow, vendeuse de garnitures abonde dans le même sillage que Khadim. Selon elle, les tissus en vogue ne prennent pas de garnitures, mis à part, des fois, quelques tissus légers.

Certains adultes « redoublent »

Comme chaque année, il y a des personnes qui n’ont pas le temps ni l’argent pour s’acheter de nouveaux habits pour la fête de Korité. Mamy Lô, rencontrée chez le tailleur, elle est venue prendre les vêtements de ses enfants, pense que la fête de Korité est généralement pour les enfants. « Pour la fête, moi je ne m’habille pas, car je pense que cette fête c’est plus pour les enfants que pour nous ». Cette habitante de Keur Serigne Mbaye Sarr poursuit en disant: « je redouble (faire la fête avec mes vieux habits, ndlr) jusqu’à la fête de Tabaski pour être au top », soutient cette habitante de Keur Serigne Mbaye Sarr, le sourire aux lèvres.
Pour Papa Alioune Sène, habituellement les hommes, en général, sont des pères de familles qui ne pensent qu’à leurs enfants et à la femme. Il estime que le mois de Ramadan comporte beaucoup de dépenses, raison pour la quelle il n’a pas assez d’argent pour se procurer un nouveau vêtement neuf pour la fête. « Moi je n’ai pas de problèmes d’habillement car je porte mes anciens habits et cela ne me dérangent pas. L’essentiel est que ma famille se dote de nouveaux habits » déclare Papa Alioune Ndiaye, technicien en télécommunication.

Viande rouge Vs Poulets

La fête de Korité est communément appelé fête du poulet car la majeure partie des ménages consomment de la viande blanche à cette occasion. Néanmoins, il y a des personnes qui varient leur met. Sokhna Ndambaw Ngom, commerciale dans une Agence de communication de la place préfère la viande du mouton à celle du poulet. « Je préfère utiliser la viande rouge (mouton) car pendant le mois de Ramadan je consomme beaucoup de poulet, c’est la raison pour laquelle je change souvent de plat ».
Certaines femmes sénégalaises optent pour le mixage: viande blanche et viande rouge dans un même plat. Selon Ramatoulaye Kane, une nouvelle mariée, le mélange de la viande rouge et celle dite blanche est très appétissant car chaque membre de la famille prend ce qui lui plaît. « Le mixe des deux viandes est très bon surtout le goût de la viande du mouton, c’est vraiment appétissant », déclare cette nouvelle mariée.
Au foirail de médinatoul situé sur la route de Touba, des étales et tables remplies de viande rouge. Par là, le prix de la viande de bœuf est passé de 2500 à 2700 FCFA le kilogramme. Quant à celui de la viande du mouton, il a évolué de 3000 à 3200 FCFA.

A propos de l'auteur

Daouda SOW

Laisser un commentaire

Close