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LUTTE : Le CNG, une autorité remise en cause

C’est un combat en dents de scie qui date d’une dizaine d’années, mais qui peine à trouver son épilogue. Chaque génération de lutteur a voulu faire la révolution, détrôner cette oligarchie qui dicte sa loi dans l’arène et soi-disant s’enrichit sur le dos des lutteurs.

Lasse des sanctions et ponctions sur leurs reliquats, des lutteurs en activité ont entamé depuis plusieurs jours une croisade contre le comité de gestion de la lutte (CNG). L’instance dirigeante de la lutte composée dans sa globalité de personnes n’ayant jamais été lutteurs professionnels, peine de plus en plus à affirmer sa légitimité face à une arène qui tient à son moindre pécule obtenu à la suite de rudes batailles.
Les lutteurs s’indignent notamment d’application de textes qui selon eux ne contribue qu’à enrichir le CNG. En effet, dans un des règlements qui régit les combats le lutte, il est stipulait ; « un lutteur reçoit un avertissement qui peut motiver sa défaite ; en outre, il est sanctionné financièrement, quelques fois plus de 25% sur son reliquat ».  La somme soustraite du revenu du lutteur devient patrimoine exclusif du CNG qui n’a pas de compte à rendre au lutteur sur l’utilisation de cet argent ; le vainqueur n’a pas de primes ni de bonifications, le promoteur organisateur exclusif surtout en charge ne reçoit lui aussi aucune contrepartie.

Face à la fronde, le Dr Alioune Sarr se veut clair et explicite « Nous ne céderons pas aux pressions ». Selon lui, l’argent que sa structure défalque sur les cachets des lutteurs et qui fait l’objet de tant de polémique est bien régi par les textes qui sont tous le fruit d’un consensus. « Toutes les composantes de la lutte ont été impliquées dans l’élaboration du règlement régissant la lutte », a-t-il rappelé.

Après 24 ans à la tête du CNG, le Dr Alioune Sarr se dit ouvert au dialogue pour tout ce qui peut faire avancer la lutte. Dialogue que certains lutteurs ont déjà entrepris avec la tutelle.

Ce 14 mai, l’association des lutteurs que dirige Khadim Gadiaga et le ministre des Sports, Matar Bâ, se sont entretenus  à ce sujet. Face à une oreille attentive à leurs préoccupations, les lutteurs ont remis un mémorandum contenant toutes leurs plaintes et complaintes non sans fustiger la dictature du CNG. « Il est révolu le temps où on considérait le lutteur comme un illettré. On connaît nos droits et devoir. Il faut qu’on arrête de nous prendre pour des cons », lance un lutteur très remonté.

Le ministre se voulant rassurant déclare qu’on ira vers des concertations qui vont prendre en charge les préoccupations des acteurs de la lutte.

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Mamadou Diagne

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