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Saint Louis – Navigation sur le fleuve Sénégal : L’OMVS lance un projet de 500 millions d’euros

De Adama SENE, Saint-Louis

Les fleuves ne doivent pas être les grands oubliés dans les objectifs mondiaux de développement durable et peuvent devenir le terrain d’expérimentation de nouvelles pratiques innovantes. Raison pour laquelle, l’Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal a choisi Saint-Louis pour abriter la 6ème session de l’association Initiatives pour l’Avenir des Grands Fleuves (IAGF) qui est un lieu d’échange original. D’ailleurs c’est la première fois que cette structure se déplace en Afrique et consacre ses travaux à un fleuve du continent. Un choix qui n’est pas fortuit pour l’importance que le fleuve Sénégal joue dans l’intégration des peuples et l’avenir économique de la sous-région via le projet de la navigation dont le démarrage des travaux est annoncé avant la fin de 2018.

« Rendre le fleuve Sénégal navigable pour en faire un instrument de développement économique et d’intégration » est le thème sur lequel se sont penchés dans la capitale du Nord, des experts et autres techniciens issus des 5 continents et de disciplines variées. Pour le Haut-commissaire de l’OMVS, le choix de Saint-Louis n’est pas fortuit car c’est un choix de raison. « A Saint-Louis, nous sommes à l’embouchure et c’est ici que se réalisera le port fluvio-maritime estimé à plus de 300 millions d’euros. L’intérêt de l’association Initiatives pour l’Avenir des Grands Fleuves c’est que ce sont des regards croisés de beaucoup d’experts (climatologue, anthropologue, économiste, historien, archéologue, etc.). Raison pour laquelle, ce qu’on attend de cette importante rencontre de Saint-Louis, c’est l’amélioration de ce que nous avons en termes de projets surtout celui touchant la navigation. Les conclusions des travaux nous permettront aussi d’éviter les erreurs qui ont été commises dans le passé et de capitaliser les expériences précédentes » a soutenu Hamed Diané Séméga. L’ouverture de cette session intervient alors que le projet navigation sur le fleuve Sénégal est sur la rampe de lancement, l’OMVS étant en discussions avancées avec une  société indienne pour la réalisation de la première phase du projet, axée sur un certain nombre d’infrastructures (Ports, chenal, escales) permettant une navigation permanente entre Saint-Louis du Sénégal et Ambidédi au Mali. « Car la navigation sur le fleuve Sénégal de Saint-Louis à Ambidébi, soit une distance de plus de 905 km avec un port fluvio-maritime moderne avec toutes les infrastructures requises, un port fluvial à Ambidédi sur l’autre côté du chenal et  le long  des quais avec des escales portuaires pour faire revivre ce fleuve en termes d’échanges et de dynamiques de développement, est un projet qui  tient à cœur les chefs d’Etat de l’OMVS » a déclaré l’ancien ministre malien. A en croire toujours le haut-commissaire de l’OMVS, si le projet structurant qui est entrain d’être mis en place n’est pas réalisé, les programmes  de l’organisation sous régionale auront certainement un impact, mais  pas celui escompté dans le développement du fleuve et du bassin. « L’enveloppe globale du projet est évaluée à 500 millions d’euros. Le projet de navigation, qui une fois réalisé transformera complètement Saint Louis et le bassin par les échanges » a signalé M. Séméga.  Selon le président Erik Orsenna, membre de l’Académie Française, et spécialiste du développement durable, de l’environnement, de l’agriculture et des économies émergentes, les sessions de l’IAGF font l’objet de restitutions et de plaidoyers largement diffusés pour servir au plus grand nombre. Avant de se féliciter du choix porté sur le fleuve Sénégal pour leurs travaux. « L’OMVS joue un important rôle dans cette partie du continent  et agit dans la prévention d’éventuels conflits mieux que certains organismes mondiaux. Parce que permettant à des peuples autour du fleuve d’en bénéficier sans trop de heurts » a rassuré M. Orsenna.   La prochaine étape est de renforcer les liens avec les grands organismes représentatifs des mers et océans, afin d’éviter la segmentation des réponses sur la ressource en eau, a-t-il conclu.

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Daouda SOW

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