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A Ngor, les Layènnes ont réitéré leur allégeance au Mahdi

Baye Laye a adressé son appel au monde entier. Hormis Cambérène, et Yoff, ceux qui y ont répondu sont venus, des quatre coins du monde, réitérés leur allégeance au Mahdi à Ngor, au premier jour de l’appel lundi 16 avril. Le monde que draine l’appel de Mame Limamou Laye n’est plus une information. Mais l’on ne peut s’empêcher de ressentir de la stupéfaction à la vue de tant de monde car, dit-Siraba, à chaque appel le nombre de disciples s’accroît encore plus.
La jeune femme a quitté Bamako avant-hier pour répondre présente à l’appel de Baye Laye. C’est le neuvième appel auquel elle assiste. Une présence qui en dit plus que tous les mots. « J’ai connu Mame Limamou à travers la télévision. Un jour, je suivais la cérémonie de l’appel sur une chaîne sénégalaise et, relate-t-elle hésitante, le blanc des disciples m’a tout de suite tapé dans l’oeil, dit-elle. » Tout de suite, je me suis sentie attirée par ce que je voyais. A cet instant, j’ai décidé d’assister au prochain appel. En venant la première fois, poursuit-elle, j’ai été conquise par ce que mon ouïe me faisait entendre. J’ai approché les autres disciples et ils m’ont renseigné sur le Mahdi. Depuis lors, dit-elle avec un beau sourire empreint d’émotions, je réponds avec un grand oui à l’appel du Mahdi ».

Il est vrai que la cohésion, l’harmonie que dégage les layènnes, tout de blanc vêtus est incontestablement ce qui fait le charme de leur confrérie. « Qu’est ce qu’ils sont beaux, » s’est exclamée une jeune femme. Dieynaba, c’est son nom, elle vient de la célèbre ville « Ndar ». « C’est ma première présence, à l’appel de Seydi Limamou, nous renseigne-t-elle. Je suis émerveillée par la façon d’être des layènnes, coupe-t-elle court à la discussion, prétextant que les mots lui manquent, alors qu’en réalité, elle tente de masquer le trop plein d’émotions qu’elle ressent, levant les yeux au ciel afin d’essayer d’arrêter les larmes qui veulent sortir.

Quelque 1h 30mn plus tard, la cérémonie commence officiellement.
Sur des notes de chants religieux, déclamées avec une telle force de conviction, alignées de mouvements qu’ils créent avec leurs bras, les disciples du Mahdi accueillent Mame Libasse Thiaw Laye.

Tout de blanc vêtu, la tête caché sous une écharpe de la même couleur, il a tenu le speech, tout au long de la cérémonie.

Cette année, sa plaidoirie s’est axée sur le phénomène dit-il, croissant de la faiblesse de la foi. Il a longuement parlé du « ndeup », une pratique purement sénégalaise, de la tradition lébou. Une pratique qui requiert des sacrifices, et faisant appel aux forces dépassant l’entendement humain.
Mame Libasse a tenu à rappeler pendant une bonne dizaine de minutes, le caractère interdit de cette pratique, lançant même un appel à ceux qui l’adoptent d’arrêter. « Celui pour qui nous sommes tous rassemblés ici ne le concevait pas. Il l’interdisait même formellement. Donc les amis, Laye Mactar, arrêtons tout cela. Nous nous disons musulmans. Pourtant, dit-il, nous continuons toujours d’accorder de l’importance et de suivre les traditions d’antan, de nos ancêtres païens, » relève Mame Libasse. Il a terminé sa discussion sur une phrase que tenait Mame Limamou : Nous sommes à l’aube de la fin de la vie. »

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Mame Khary Leye

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