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USA : Donald Trump voyage en terre  « ennemi » en Californie

Ce mardi 13 mars, le Président américain Donald Trump est attendu en Californie. Un voyage en terre « ennemi » selon les médias américains, car les californiens, sont majoritairement anti-Trump et très actifs dans la lutte contre sa politique.

« Nous espérons que ce sera un voyage incroyablement positif », assurait vendredi la porte-parole de la Maison Blanche Sarah Sanders. On voit difficilement comment, après les nombreuses attaques de l’administration contre l’État depuis que Trump a pris ses fonctions et qu’il l’a jugé comme étant « hors de contrôle ».

Le milliardaire new-yorkais ne se rend pas sur place pour écouter ou rassembler la population locale, avec qui les tensions ont récemment explosé, mais pour la défier.

Face-à-face tendu

État le plus peuplé du pays et qui peut se vanter d’être la sixième puissance économique mondiale, derrière la Grande-Bretagne et devant la France, la Californie est une région incontournable pour les politiques. En théorie, tout du moins. Donald Trump s’est effectivement fait remarquer comme étant le premier Président en près de 60 ans à ne pas s’y rendre lors de sa première année au pouvoir.

Cependant, hormis le fait que le Président républicain ait ignoré ce territoire, il n’a eu de cesse d’attaquer cette terre où se concentrent grandes fortunes, démocrates, immigrants, stars de cinémas et minorités. Et le gouvernement local comme les habitants n’ont pas eu peur de répliquer, dans la rue et dans les tribunaux, en contestant sa vision de l’immigration, de l’environnement, des droits des femmes ou encore des armes à feu.

Ce face-à-face avec l’administration Trump s’est d’ailleurs encore davantage tendu cette semaine quand le ministère de la Justice a porté plainte contre la ville de Sacramento pour forcer le « Golden State » -qui s’est proclamé « sanctuaire » pour les sans-papiers- à coopérer avec la police fédérale de l’immigration. L’État de Californie sert ainsi de refuge à de « dangereux criminels », s’est emporté Donald Trump samedi 10 mars

Le moment n’est donc pas idéal pour que Trump soit accueilli à bras ouverts. Sans compter que le Président se rend sur place pour une raison qui irrite tout particulièrement les californiens : le milliardaire ne vient pas faire la paix, mais admirer les prototypes du mur anti-immigration qu’il a promis de construire à la frontière mexicaine.

Les habitants de Californie à près de 40% d’origine hispanique  sont 70% à s’opposer à ce projet pour lequel Trump a réclamé (sans les obtenir) 18 milliards de dollars au Congrès en janvier. 85% des californiens estiment par ailleurs que les clandestins devraient pouvoir rester sur le territoire, selon un sondage mené par le Public Policy Institute of California.

Jeu dangereux

Se mettre à dos la Californie de la sorte peut être un très mauvais pari politique. L’État abrite 55 grands électeurs, soit 20% des 270 nécessaires pour remporter une élection présidentielle. On y trouve aussi le plus gros contingent de représentants, les élus qui siègent à la chambre basse du Parlement.

Impossible de renier Trump et son discours, mais compliqué de l’assumer à 100%. Plus encore après avoir vu que le comté d’Orange, emblème républicain depuis 80 ans, avait préféré voter pour Hillary Clinton lors de la présidentielle.

« Il se fait applaudir en dehors de la Californie mais perd de vrais sièges dans l’État, il n’y gagne pas au change », estime auprès du Guardian Jack Pitney, politologue de la Claremont McKenna University et ancien conseiller du parti républicain. Et sa visite remettra en plus de cela de l’huile sur le feu auprès des démocrates et des minorités.

« La Californie est un punching-ball bien pratique, mais les punching-balls n’aiment pas prendre des coups. Sa présence ici va rappeler aux électeurs pourquoi ils en sont venus à détester Trump et le parti républicain. Cela va motiver les électeurs hispaniques et progressistes à aller voter », analyse le politologue.

Une participation en hausse qui pourrait mettre le Président en difficulté si la chambre basse du parlement venait à basculer du côté démocrate lors des élections du 6 novembre prochain, compliquant considérablement la seconde moitié de son mandat. Ce détail n’a sûrement pas échappé à Trump: il doit achever sa visite de mardi par une soirée de levée de fonds à Beverly Hills afin de remplir les caisses de sa campagne de réélection. D’après le Los Angeles Times, les tickets pour assister à une table ronde, un dîner et une séance photo pourraient atteindre les 250.000 dollars.

A propos de l'auteur

Papa Atou Diaw

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