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Tanzanie : Des écolières arrêtées pour avoir gobé une grossesse

Arrêtées le weekend, les filles ont été libérées sous caution. Un fonctionnaire tanzanien a déclaré que les arrestations faisaient partie d’une démarche du gouvernement visant à mettre fin aux grossesses précoces.

Les défenseurs des droits humains estiment que ce sont les auteurs des grossesses qui devraient être arrêtés, pas les filles.

Les autorités locales ont ordonné l’arrestation de ces derniers, selon Mohamed Azizi, un fonctionnaire tanzanien cité par le site Internet de « The Citizen », une organisation de protection des droits de l’enfant et de l’égalité des sexes.

Selon M. Azizi, 55 écolières enceintes ont été dénombrées à Tandahimba durant les deux dernières années.

L’année dernière, le président tanzanien, John Magufuli, s’est lui-même prononcé sur le sujet, affirmant que les filles enceintes ne devraient pas être autorisées à retourner à l’école, même après l’accouchement, des propos condamnés par des organisations de défense des droits des femmes comme « inacceptables » et « répugnants ».

« Moi, je donne de l’argent pour que l’élève étudie gratuitement. Et après, elle tombe enceinte, accouche et revient par la suite à l’école. Non, pas sous mon mandat! », s’était exclamé le chef de l’Etat lors d’un déplacement à Chalinze, à une centaine de kilomètres à l’ouest de la capitale économique Dar es Salaam.

Selon M. Magufuli, si les Tanzaniens écoutaient les organisations occidentales de défense des droits de l’homme, « il pourrait arriver que, dans toute une classe, toutes les élèves aient des bébés ».

« Dans ce cas alors, que se passerait-il ? Pendant que le professeur donne son cours, elles sortiraient toutes pour aller donner le sein aux bébés? Jamais sous mon mandat! », s’est-il emporté. « Si ces ONG aiment vraiment ces élèves, qu’elles leur ouvrent des écoles spéciales pour mères », a-t-il ajouté.

« Quant au gouvernement, il ne peut pas accepter cela », a insisté M. Magufuli, alors que plusieurs membres de son gouvernement défendent publiquement le droit des filles à poursuivre leurs études secondaires après des maternités.

Les défenseurs des droits de l’homme réclament l’annulation de la loi tanzanienne autorisant l’expulsion de l’école des écolières enceintes.

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Mame Khary Leye

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