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Mali : « Fanta est une victime de trop…  » crient l’association des femmes battues

Il y a eu Kamissa, tuée à bout portant par son époux. Puis, Mariam Diallo, journaliste avant d’être Secrétaire particulière au Ministère de la Culture, poignardée 40 fois par son mari, il y a un an. Le meurtre de Fanta Sékou Fofana fille de Sékou Fofana, conseiller spécial du Président de la République du Mali Ibrahim Boubacar Keita est la goutte de trop. Un rassemblement s’est tenu ce 2 janvier, à la Pyramide du souvenir de Bamako pour dénoncer les violences conjugales.

Environ 150 personnes étaient réunies autour du collectif des Amazones pour réclamer des mesures en faveur de la protection des femmes. Des membres de la famille de Fanta Sékou Fofana, standardiste de la présidence, assassinée par son conjoint dans la nuit du jeudi 28 au vendredi 29 décembre, étaient présents pour afficher leur soutien à cette cause.

L’émotion est encore forte, et les yeux rougis. Traoré Coumba Bah,  cousine de Fanta Sékou Fofana, morte des suites de violences conjugales, rejoint les militantes de la cause féminine. Touchée, elle est venue avec une délégation de sa famille porter un message : « On est là pour dénoncer cette violence faite à la femme, on est là pour des plaidoyers, pour que les autorités maliennes appliquent une loi ou bien je ne sais pas quoi, pour que vraiment ça s’arrête. On dit vraiment stop, parce que Fanta c’est une victime de trop. »

Trop de crimes pardonnés

Pour ces femmes, rien ne justifie la mise à mort d’une personne, surtout pas l’appellation de « crime passionnel ». Pour Assetou Kouyaté, trop de crimes, trop de violences ont été pardonnés : « Les hommes se permettent beaucoup de choses car ils savent que rien ne se passera après. Des interventions (sociales) se font et les plaintes s’arrêtent. Nous voulons que cela cesse parce que tant que les hommes auront cette idée qu’il n’y a pas de suite aux causes, les violences continueront. »

Un micro est tendu à la salle. L’éducation est mise en cause tout comme la culture du silence. La question de la place de la femme dans la société se pose. Le rappeur Master Soumy est venu prôner plus de sensibilisation : « Parler des droits de la femme, parler de l’égalité homme-femme, c’est considéré comme tabou. Mais il faut en parler pour éviter ce genre de situation, pour éviter ce genre de drame. » Une manifestation est prévue samedi 6 janvier pour porter le deuil et ouvrir les débats. L’Assemblée nationale a été choisie comme point d’arrivée. Manière pour les Amazones de prouver leur détermination en faveur d’une loi.

Une nouvelle présidente pour la Cafo

La Coordination des associations féminines et ONG du Mali, la Cafo, vient d’élire une nouvelle présidente. C’est Dembélé Oulematou Sow, qui prend la tête de ce rassemblement d’organisations qui lutte pour les droits des femmes. Elle a été élue samedi 30 décembre et doit entrer en fonction dans les jours qui viennent. Ses priorités sont l’accès des femmes à l’éducation, aux services de base, aux terres, à la fonction publique, mais aussi la lutte contre les violences faites aux femmes, violences corporelles et sexuelles.

Source :

Rfi Afrique

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Mame Khary Leye

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