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Qui est Moussa Ngom, l’étudiant en journalisme qui a été primé à Johannesburg ?

C’est au sein de la prestigieuse école de journalisme du Centre d’études en science et techniques de l’information (CESTI) que Moussa Ngom nous donne rendez-vous pour notre entretien. C’est un jeune à la silhouette fine qui vient à notre rencontre avant de nous proposer de prendre place. C’est un étudiant timide et qui ne cesse de triturer son smartphone qui  revient sur l’émotion qu’il a ressenti lorsqu’il a été primé. « C’est une expérience qui m’a beaucoup marqué parce qu’il y avait un parterre de journalistes d’investigations », dit-il le regard plongé dans le vide comme s’il voyait défiler les images dans sa tête. « Ça vous marque à vie », répète-t-il à voix basse.

Moussa a été primé à Johanesburg pour son article sur la fameuse déclaration d’Emmanuel Macron sur le taux de fécondité des africains, un prix initié par Africa Check. Une déclaration qui avait d’ailleurs suscité un débat. C’est ce qui a poussé Ngom à vérifier les chiffres avancés par Macron non sans hésitation. « Je me suis demandé s’il valait la peine de vérifier cette déclaration », affirme-t-il. Avant d’ajouter « je me disais qu’un dirigeant d’un pays aussi puissant que la France doit certainement disposer d’informations fiables », mais son besoin d’en savoir plus, de curiosité journalistique l’a poussé à creuser davantage. Et puis bingo ! « Macron à tout faux », titre-t-il à propos de son article de fact-checking.

« C’est quelqu’un de très méticuleux mais très obstiné aussi », confie son camarade de promotion, Robert Niang. Les résultats de ses recherches lui ont permis de découvrir que seul le Niger a une moyenne de 7.6 enfants par femme.

Son blog est en quelque sorte le prolongement de son fameux « journal », « quand j’étais petit, j’avais un cahier de 100 pages dans lequel je rédigeais les activités de membres de mon entourage. Ce sont des genres de reportage quoi ! », se remémore amusé, cet amoureux de journalisme. Moussa Ngom s’est spécialisé en télévision mais n’aime pas être enfermé dans les carcans. Dans son blog il peut laisser libre-court à ses idées et allie le texte, le son et la vidéo.

« Ma passion en dehors du journalisme ? Le basket-ball, même si je ne suis pas un sportif parce que je trouve lassant de regarder un match de football de 90 minutes », dit-il avec un large sourire.

Sa distinction lui vaut d’ailleurs la fierté de son école le CESTI qui a formé de nombreux journalistes de renoms. Cependant, pour le Directeur des études Dr Mamadou Ndiaye, l’enseignement du fact-cheking n’est pas à l’ordre du jour. « Nous n’envisageons pas d’enseigner le fact-checking car ce n’est rien d’autre que la vérification des faits. C’est ce que nous enseignons à nos étudiants. Tout bon journaliste doit vérifier les faits », déclare Dr Ndiaye également encadreur en multimédia au CESTI. Il ne tarit pas d’éloges à propos de Moussa Ngom qu’il a remarqué dès les premières heures de cours.

« On peut mieux faire », déclare Moussa Ngom à propos de la presse au Sénégal. Il ajuste sa chemise avant de poursuivre ; « il y a énormément de choses à faire surtout dans le journalisme en ligne. » Il estime même que le Sénégal est un peu en retard et pense qu’il nous faut trouver un modèle.

A propos de l'auteur

Papa Atou Diaw

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