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Portrait : Qui était Serigne « Bass Building » ?

Serigne Bassirou Mbacké Ibnou Serigne Serigne Bara Mbacké a tiré sa révérence ce jeudi 23 novembre 2017. Homonyme de Serigne Bassirou Mbacké ibnou Serigne Touba Khadimou Rassoul, Serigne Bass Bara était plus connu sous le surnom de Serigne « Bass  Bulding » du fait de son passage au Bulding administratif de Dakar où il a travaillé.

Il est parti rejoindre son père Serigne Mouhamadou Lamine Bara Mbacké Ibnou Serigne Touba, ce jeudi 23 novembre et a été inhumé au cimetière Bakhiya de Touba. Serigne Bassirou Bara Mbacké faisait partie des personnalités de la communauté les plus âgées. Il est le jeune frère de l’actuel Khalife général des mourides Serigne Sidi Moukhtar Mbacké.

C’est d’ailleurs Serigne Bassirou Mbacké Ibnou Khadimou Rassoul, son homonyme qui va se charger de ses humanités juste après le décès de son père Serigne Bara, il avait juste 7 ans. Chez lui, le jeune frère du Khalife général des mourides apprendra toutes les sciences religieuses. Après avoir passé une vingtaine d’années là-bas, Serigne Bass Bara Mbacké quittera son Touba pour venir s’installer, sur demande de son homonyme, à Dakar. On était vers les années 50. Il est décrit par ses proches comme quelqu’un de très intelligent et très doué, Serigne Bassirou Bara Mbacké sera formé ensuite dans l’administration. Ayant acquis des connaissances suffisantes, Serigne Bass Bara entrera au Building administratif d’où son surnom de ‘’Bass Building’’.

Né vers les années 1929 à Mbacké Cadjor, Serigne Bassirou Bara Mbacké a très tôt été initié par son père, Mouhamadou Lamine Bara Mbacké ibnou Serigne Touba Khadim Rassoul, aux enseignements de l’Islam et à la connaissance du monde.

Malgré qu’il est le fils de Serigne Bara Mbacké, Serigne Bassirou Mbacké mettait en avant par devers tout son statut de talibé (disciple) et rien d’autre qu’un talibé.

Proche du disparu, Djily Bâ son secrétaire permanent confie que Serigne « Bass Bulding » était un éducateur hors pair et un homme social, « Il a dignement servi son défunt grand-frère Serigne Aziz Bara et Serigne Sidy Mokhtar, actuel Khalife général des mourides. D’ailleurs, à chaque fois qu’il venait rendre visite à Serigne Sidy Mokhtar, il laissait ses babouches et tout autre objet dans sa voiture ». A sa retraite, Serigne Bass Bara s’est définitivement contenté à poursuivre l’oeuvre de son grand-père Cheikh Ahmadou Bamba. Il logeait à son domicile sis aux HLM Palmas de Guédiawaye. Là-bas, il s’est beaucoup investi pour la jeunesse, leur éducation et le changement de leur comportement.

Selon toujours, Djily Ba, « il a beaucoup fait pour la jeunesse de Guédiawaye et du Sénégal. Il nous a éduqué et inscrit à l’école coranique et française. Sa maison était habitée même par des Tidjanes. Juste pour vous montrer son humanisme. ».

Homme religieux, Serigne Bass Bara était aussi un agriculteur. Il s’adonnait à l’agriculture et possédait des champs qui étaient gérés par ses proches et ses disciples.

Djily Bâ de renseigner d’ailleurs que depuis son retour à Touba pour la Tabaski, Serigne Bassirou Bara Mbacké n’est revenu à Dakar qu’une seule fois, c’était juste après la Tabaski, avant de retourner sur Touba pour ne plus revenir dans la capitale. « Il aimait Touba, la cité de son grand père. Et, il le clamait à chaque occasion ».

D’après, Serigne Djiby Ba, le marabout était un peu alité ses deux derniers jours. Néanmoins, il l’a appelé depuis Touba ce mercredi 22 novembre matin pour lui donner des instructions. « Il m’a appelé hier ce mercredi pour me demander de faire des récitals du Coran pour la célébration de la disparition de sa mère. Nous l’avons fait ce jour-là même vers 16 heures dans sa maison sise aux Hlm tout en apprenant aussi des Khassaides », confie Serigne Djiby Bâ.

Les derniers adieux de Serigne Bassirou Bara

Évoquant les dernières moments de la vie du défunt Vice-Khalife général des mourides, Serigne Djiby révèle que « le marabout a appelé ce mercredi aussi un de ses proches pour lui remettre un tissu blanc, des papiers blancs et des billets de 500 frs CFA pour lui demander de les revendre, de prendre l’argent et de prier pour qu’il obtienne ce qu’il veut ». Comme pour faire ses adieux.

Source :

Avec Bassirou DIENG, journaliste au quotidien le "Témoin"

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Khadim FALL

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