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Saint Louis – 42e édition du Magal des deux Rakaas : L’affluence à la baisse dans la capitale du Nord

De Adama SENE, Saint-Louis
La ville de Saint-Louis a fini de faire sa toilette pour accueillir les milliers de pèlerins qui sont venus de tous les coins du monde. A la place Faidherbe et dans les autres quartiers de la vieille cité, c’est déjà l’effervescence religieuse pour la célébration du 122e anniversaire des deux rakaas que Cheikh Ahmadou Bamba avait effectués le 05 septembre 1895 au palais colonial, pour défendre la cause de l’Islam.

Dessin de Serigne Touba devant le conseil privé colonial en 1895 à Saint-Louis.

A quelques heures du Magal, il y a moins d’affluence que d’habitude devant les sites de ziarra.
La Tabaski célébrée en ce début de Septembre et à 48 heures des 2 rakaas, a-t-elle eu une incidence sur l’affluence des talibés au Magal de Saint-Louis ? En tout cas le nombre de bus et autres moyens de transports déversant des pèlerins dans la vieille cité à quelques heures de l’événement, porte à le croire. Selon certains responsables du Kurel des deux rakaas, lors des précédentes éditions, plus de deux millions et demi de talibés se rendaient dans la capitale du nord. Mais pour 2017, ils seront à coup sûr moins que ce nombre, ont-ils avancé. A en croire le président du comité d’organisation du Magal, les milliers de talibés présents devront se ressourcer, renouveler leur acte d’allégeance, effectuer des ziarras auprès des chefs religieux mourides et surtout se recueillir dans les lieux où le Cheikh a séjourné avant d’être jugé et déporté au Gabon par le pouvoir colonial d’alors.

« Ce 04 septembre à été célébrée la journée du parrain et pour cette année, elle est dédiée à Khadim Rassoul. Même si l’affluence n’est pas égale à celle des autres éditions, il est constaté que la ville est pleine de talibés. Et d’autres milliers de fidèles sont attendus d’ici demain (ce 05 septembre ndlr) » a soutenu le président du Kurel, Serigne Ameth Fall.
La cellule 4, la grande attraction des talibés
Mais comme pour les éditions passées, l’attraction des pèlerins sera encore la cellule 4 de la gouvernance, où a été incarcéré le Cheikh en attendant sa déportation au Gabon.

Cellule 4 de Saint-Louis où a été incarcéré Serigne Touba, en attendant sa déportation.

Un site qui a été ouvert depuis quelques jours par le Kurel et les autorités administratives, pour permettre aux fidèles de faire leur ziarra. A la gouvernance aucune scène de bousculades ou de longues files d’attente devant la cellule n’a été constatée. Pour le chargé de communication du comité d’organisation, la prise d’assaut de ce lieu de recueillement par les talibés n’est pas fortuite. A en croire, Serigne Makhtar Faye, c’est dans cet endroit mythique que Cheikh Ahmadou Bamba, gardé seul, la veille de son procès, a sauvé l’Islam en opposant un niet catégorique aux colons dans un contexte où le pouvoir temporel avait réussi à dompter certains marabouts. « Borom Touba était gardé seul dans une étroite cellule très sombre, tandis que d’autres chefs religieux convoqués par le gouverneur colonial pour reconnaître l’unicité du pouvoir colonial sous peine d’être déportés, étaient placés dans une pièce contiguë avec une belle ambiance. Mais habité par une foi inébranlable et d’une piété sans faille, Cheikh Ahmadou Bamba a opposé un refus au conseil privé, en ne reconnaissant qu’une seule et unique autorité divine, Allah le Tout Puissant, l’Eternel. Un défi lancé au conseil privé colonial et qui lui avait causé sa déportation à Wir-Wir au Gabon » a expliqué Serigne M. Faye. En cette veille de prière des deux rakaas, d’autres sites historiques où a séjourné le cheikh, accueillent des milliers de talibés pendant le Magal. Parmi ceux-ci, on peut citer l’ancienne école des fils de chefs, baptisée dans les années 90 école élémentaire Khayar Mbengue, les locaux du laboratoire de Sor, la mosquée Zinc de Balacoss, où sont lancées annuellement les activités culturelles des deux rakaas, le jardin d’essai où il fut interné avec un lion affamé de plusieurs jours.

Dessin de Serigne Touba interné avec un lion.

A en croire Serigne Faye, dans tous ces lieux de recueillement Cheikh Bamba a subi toutes sortes d’intimidations et de répressions de la part des colons, mais sans jamais abdiquer.

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Daouda SOW

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