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Route Ndioum-Ourossogui-Bakel : Les populations s’impatientent

De Thierno Baye Diene, Matam
Les populations du Fouta (du département de Podor et de la région de Matam) qui avaient applaudi des deux mains la décision du chef de l’Etat de réfectionner la vieille route nationale sur l’axe nord, sont désormais plongées dans une profonde désillusion après plus de six mois d’attente.
Le lancement des travaux de réhabilitation de la route nationale numéro 2 effectué en grande pompe par le chef de l’Etat Macky Sall le 08 mars dernier, a été l’une des plus grandes satisfactions des populations du nord à l’égard du régime en place. Cette nouvelle route va abréger la souffrance des populations qui en plus de faire un long trajet, voyageaient sur une route qui était dans un état de délabrement très avancé. Les nombreux nids de poules qui y sont parsemés laissent place, à certains endroits, à de véritables gouffres, obligeant les conducteurs à de laborieuses manœuvres. Aujourd’hui, six mois plus tard, aucun signe de démarrage n’est constaté. Et cette situation a fini de grossir la déception des populations qui avaient espéré qu’avec le déplacement du Président de la République himself, les travaux seront exécutés avec beaucoup de diligence.

Le Président Macky Sall, lors du lancement des travaux de la route Ndioum-Ourrossogui-Bakel.

Kalidou Mougassouba, un commerçant rencontré à Bokidiawé (département de Matam) renseigne que voyager d’un village à un autre relève d’un véritable parcours du combattant à cause de l’état des routes : « cette route est un cauchemar pour nous tous qui vivons dans la région de Matam. Moi, je prends cette route au minimum deux fois par semaine pour me rendre à Ourossogui, et la voiture met plus d’une heure pour arriver à destination et pourtant cette distance fait moins de 40 kilomètres. Les voitures ne peuvent pas rouler plus vite à cause des nids de poules. » A quelques encablures de Bokidiawé, nous rencontrons à Ouro Alpha, Demba Sow dans son véhicule de transport en commun, il est exaspéré d’être plongé dans une période d’attente indéterminée : « les autorités ne nous respectent pas. Depuis combien de mois elles avaient annoncé le début des travaux ? Jusqu’à présent aucun engin n’est aperçu. Ce régime cherche tout simplement à gagner l’électorat des foutanké mais il est clair que cette route est le cadet de leurs soucis car nos dirigeants ne la prennent qu’occasionnellement. Ils prennent l’avion pour venir ici. »
Les sociétés en charge des travaux ont commencé à s’installer mais elles n’ont toujours pas esquissé de mouvements qui dissiperont les gros nuages des populations. Pour rappel, le financement du tronçon NDIOUM-OUROSSOGUI-BAKEL a été bouclé à hauteur de 98 milliards de FCFA pour une distance de 330 km.

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Daouda SOW

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