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Génocide rwandais : BNP Paribas visée par une information judiciaire pour complicité de crimes contre l’humanité

Une information judiciaire « pour complicité de génocide, de crimes contre l’humanité et crimes de guerre », vient d’être ouverte par le parquet de Paris ce lundi 25 septembre contre  BNP Paribas. Le groupe bancaire international, présent dans 74 pays, est soupçonné d’avoir contribué au financement d’un achat illégal d’armes à destination du Rwanda en 1994.

Des juges ont été désignés pour enquêter sur la plainte d’ONG, qui accusent la banque française  d’avoir financé un achat d’armes au profit de la milice hutu pendant le génocide de 1994. La plainte a été déposée en juin par trois associations : Sherpa, le Collectif des parties civiles pour le Rwanda et Ibuka France. Elles affirment que BNP aurait été « la seule banque à répondre par l’affirmatif et à débloquer les fonds suffisants pour l’achat d’armes par le gouvernement rwandais. »

Une vente de 80 tonnes d’armes.

Vingt-trois ans après les massacres, alors que l’attitude des autorités françaises fait toujours l’objet de vives controverses et d’âpres batailles judiciaires, c’est la première fois qu’une banque française se retrouve au cœur des soupçons de complicité. Les associations affirment que la BNP a autorisé, les 14 et 16 juin 1994, des transferts de fonds pour plus de 1,3 million de dollars (1,1 million d’euros au cours de l’époque), du compte que la Banque nationale du Rwanda (BNR) détenait chez elle, vers le compte en Suisse de Willem Tertius Ehlers, propriétaire sud-africain d’une société en courtage d’armes.

Le lendemain, Willem Tertius Ehlers et le colonel Théoneste Bagosora, un militaire hutu considéré comme le théoricien du génocide des Tutsi, et depuis condamné par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), auraient conclu aux Seychelles une vente de 80 tonnes d’armes, qui auraient ensuite été acheminées à Gisenyi au Rwanda, via l’aéroport zaïrois de Goma, d’après les ONG.

À partir d’avril 1994, quelque 800 000 personnes, en immense majorité des Tutsi, avaient été massacrées en une centaine de jours, dans des tueries déclenchées après la mort du Président hutu Juvénal Habyarimana dans un attentat contre son avion.

Source :

Lefigaro, France 24, Rfi

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Mame Khary Leye

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