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Maroc : Aucune protection juridique pour les harcelées sexuellement dans la rue

 La vidéo de la jeune fille agressée sexuellement dans un bus a levé le caractère tabou du sujet au Maroc.  Les médias dévoilent des chiffres des agressions fréquentes qui sont en hausse. Malgré son extrême violence, la scène de l’agression de cette jeune fille est loin de constituer un fait exceptionnel au Maroc.

D’après Jeune Afrique, cet été, comme tous les ans plusieurs vidéos ont montré des scènes d’agressions sexuelles en pleine rue. Le 11 août, une meute de jeunes a poursuivi une jeune fille marchant seule à Tanger, sous prétexte qu’elle portait une tenue aguicheuse. En 2015, deux jeunes filles en jupes ont été prises à partie par une foule déchaînée dans la ville d’Inezgane, au sud du pays.

Au Maroc, il n’existe aucune loi spécifique contre les violences que subissent les femmes. Elaboré depuis 2013, ce projet de loi a sommeillé dans les tiroirs du gouvernement islamiste jusqu’en 2016. Il a fallu une pression des  ONG de droits de l’homme, pour que le gouvernement soit contraint d’accélérer son adoption en le soumettant au parlement. Un an plus tard, le projet n’a toujours pas été adopté.

Avec ce vide juridique, seuls quelques aspects de la violence physique faite aux femmes ont été criminalisés. C’est le cas de la violence conjugale, punissable d’un mois à un an de prison. Celles qui se font harceler sexuellement dans la rue n’ont, en revanche, aucune protection juridique tant que le projet de loi qui traîne au Parlement n’a pas été adopté.

Pourtant, il y a urgence ! Un rapport gouvernemental publié en 2015, stipule une hausse, et une recrudescence de cas d’agressions sexuelles. Les femmes victimes de ces violences habitent essentiellement dans les villes, et sont âgées de 18 à 45 ans et n’ont pas d’emploi. Pour autant, il est impossible d’affirmer que la violence à l’égard des femmes est seulement un phénomène urbain. Par pudeur, les femmes rurales choisissent de ne pas dénoncer les agressions qu’elles subissent et préfèrent se ranger dans le silence.

Autre réalité alarmante soulignée par la police nationale, les lieux publics sont les endroits où ces violences, commises en grande majorité par des hommes majeurs sont les plus manifestes.

Le viol est l’acte d’agression le plus répandu avec une part de 70%. Il remonte de plus en plus à la surface grâce aux réseaux sociaux, soulignant les travers d’une société tiraillée entre conservatisme et modernité.

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Mame Khary Leye

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