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A Rufisque, après la pluie c’est le « sale temps »

De Alioune Badara SALL, Rufisque

Les fortes pluies de ce week-end sont encore visibles dans les quartiers que nous avons visités ce 14 août à Rufisque. Les pluviales y sont stagnantes et occupent les espaces empêchant parfois la circulation. Dans certains de ces quartiers, ce sont des rues complètement à la merci des eaux qui ont fini par élire domicile et y dicter leur loi.
Au quartier Santa Yalla, certaines rues ont échappé aux eaux grâce au pavage qui leur permet de circuler même après la pluie. Toutefois, ce luxe n’est pas pour tous les habitants, car ce quartier souffre également d’un mauvais réseau d’assainissement depuis des années. Dans chaque coin et recoin, les eaux utilisées dans les maisons sont déversées dans la rue au grand dam des riverains obligés de faire le grand tour. Les pluies de ce dimanche 13 août en plus de celles du jour d’avant ont eu comme conséquence des rues devenues impraticables, des maisons abandonnées et des constructions de bâtiment dont la fondation risque d’être reprise pour une sécurité des travaux. Durant la campagne électorale pour les législatives, ces habilitants n’ont pas hésité d’exposer ces maux aux candidats pour porter leurs voix au niveau de l’hémicycle pour une prise en charge de leurs doléances.
Ils ne sont pas les seuls à vouloir se faire entendre des autorités. Aux HLM Rufisque, le décor est désolant. Ce quartier jadis connu pour sa propreté, pour son bon réseau d’assainissement qui permettait l’évacuation des eaux de pluies et usées, n’a plus ce visage d’avant. En effet, l’hivernage est une chose que ces habitants ne souhaitent pas à cause de l’image qu’il offre aux riverains. Des années après, ce quartier a un réseau d’assainissement vétuste et qui se détériore d’années en années. Les travaux liés à la route qui relie l’autoroute à péage ont rétréci les égouts. Il s’y ajoute les tuyaux qui sont bouchés où l’eau ne passe que trop lentement. L’évacuation des eaux peut prendre des jours voire des semaines, pour que les ruelles occupées soient de nouveau praticables. Un autre problème vient détériorer le cadre de vie, il s’agit des égouts qui laissent les eaux usées refouler et dégager une odeur nauséabonde sur des avenues fréquentée.


Ce, à chaque saison des pluies. Une situation qui indispose ces habitants qui ne reconnaissent plus leur quartier qui faisait partie des quartiers les plus propres de Rufisque voire de la région de Dakar.
Le combat du conseil de quartier, depuis sa mise sur pied, a été de redonner à ce quartier son lustre d’antan. Mais l’assainissement est un problème réel dans toute la ville de Rufisque, la bête noire des équipes municipales qui se sont succédé à la mairie de la vieille ville. Une patate devenue chaude puisque la compétence de l’assainissement n’est assumée par aucune structure, ni par l’Etat encore moins la mairie de la ville, travers la DST, les communes, n’en parlons pas. Ce qui est bizarre est qu’au niveau de la Direction des Services Techniques , ils se mobilisent de temps à autres pour s’en occuper même s’ils déclarent qu’il n’est pas de leur compétence.
Non loin des HLM , les nouveaux quartiers en extension ne souffrent pas trop des inondations. C’est le cas à la cité Imprimerie, MECS, Cité André Kenny où le pavage et un réseau d’assainissement nouveau les épargnent de la situation que vivent leurs voisins traditionnels vieux de plus d’une cinquantaine d’années.


La belle vue qu’offraient ces quartiers s’est du coup transformée à un désastre en période hivernale pour les habitants et pour les visiteurs qui se désolent de l’inertie des autorités locales qui, à défaut de solutionner le problème, ne se rapprochent pas de leurs populations pour s’enquérir de leurs situations. Les habitants touchés ne cessent de se plaindre qu’ils ne les voient qu’en période de quête des voix pour une élection.

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Daouda SOW

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