Contribution

Relever les défis énergétiques en Afrique par la promotion des énergies renouvelables

La problématique de l’énergie en Afrique apparait comme un défi majeur et se pose en termes d’électrification. En effet, L’Afrique fait face donc, plus que tout contient, au défi de l’électrification avec plus de 70% de sa population n’ayant pas accès à l’électricité (580 à 650 millions de personnes). L’absence de véritables politiques énergétiques associées aux instabilités politiques et la concentration sur les sources d’énergie non renouvelables avec un coût particulièrement élevé, constituent principalement les freins à l’accès à l’électricité.
Cependant le continent africain dispose de nombreuses sources d’énergies qui, avec une exploitation responsable et mesurée, permettront une électrification efficace et effective de tout le contient qui, à terme, pourrait permettre à l’Afrique d’exporter de l’énergie hors du contient.
Dans un contexte de réchauffement climatique, de raréfaction des énergies dites non renouvelables et de l’instabilité du coût du pétrole dû à son extinction proche ou avancée, relever les défis de l’électrification en Afrique implique une orientation des politiques énergétiques vers l’exploitation des sources d’énergie renouvelables. En ce sens, plusieurs pays ont adopté, dans le cadre de la diversité de leurs sources d’énergies, leur législation à cette nouvelle source d’énergie. C’est le cas du Cap Vert qui adopté une loi visant à attirer les investisseurs étrangers à exploiter les potentiels énergétique dont dispose le pays. Dans ce sillage, le Sénégal a adopté une loi en 2011 devant fixer les règles d’achat de l’électricité issus des énergies renouvelable).
Ainsi l’Afrique dispose, à bien des égards, d’énormes sources d’énergies renouvelables telles qu’hydrauliques, géothermiques et éoliennes.
Etant l’une des régions les mieux arrosées du monde et regorge de nombreux cours d’eaux qui s’étendent à travers le contient. Les fleuves du Nil, du Congo, de la Zambèze et de la Volta, immenses cours d’eaux traversant des frontières peuvent fournir à eux seuls, selon des études, suffisamment d’énergie pour toute l’Afrique. Mais un grand paradoxe apparait à ce niveau puisque ce potentiel hydraulique n’est exploité qu’à seulement 5%. Selon une étude consacrée à cette question par l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) les potentialités hydroélectriques africaines se chiffrent à hauteur, tenez-vous bien, de 300 GW d’électricité.
Dès lors comment peut-on comprendre que dans un continent qui dispose de ces forts et criards potentiels énergétiques connait paradoxalement le plus fort taux (70%) de population n’ayant pas accès à l’électricité ? Des expertises économiques ont certes avancé le coût très élevé de la construction de barrages pouvant permettre l’exploitation de ces ressources d’énergies hydrauliques. Mais cette raison ne peut pas, indéfiniment subsister. Car, effet, si le cout consacré par l’ensemble des pays africains, en une seule année, à l’achat de produits énergétiques non renouvelables, dangereux pour l’environnement et soumis aux rigueurs d’un marché mondial hostile, demeurent encore plus élevés, celui qui serait nécessaire pour la construction de barrages est beaucoup moins considérable. Cela nécessite une volonté politique, volonté pour laquelle appelait le président ivoirien Alassane Ouattara pour qui il est
« inacceptable » que l’Afrique ne puisse pas exploiter ses potentiels en ressources renouvelables.

En effet, le domaine hydraulique, le continent africain détient un potentiel de 10% des réserves mondiales exploitables soit 1100 TWh. L’Afrique de l’ouest est l’une des régions africaines disposant plus de potentialités hydro-énergétiques avec 25 000 MW dont seulement 16% exploitées.
Si l’exploitation hydro-énergétique du continent africain se situe en de ça ses des potentialités, celle relative aux énergies photovoltaïques demeure encore plus faible. En effet, l’Afrique est l’une des rares régions du monde où il y’a du soleil durant toute l’année. Disposant d’une immense zone tropicale où la température solaire varie entre 25 à 45°, le potentiel thermique de l’Afrique reste jusqu’ici mal exploité. Si toute la zone tempérée de l’Europe présente un flux solaire de 3 kWh/m2/jour, l’Afrique de l’Ouest, à elle seule offre un potentiel de 5 à 6 KWh/m2/jour. Selon une étude sur la situation énergétique de l’Afrique, l’exploitation de l’énergie solaire ne représente que moins de 1% du mix énergétique. Beaucoup d’Etats africains continuent à investir dans les énergies dérivées du pétrole à des couts élevés et ne réalisent toujours pas l’accès effectif à l’électricité des populations.
Cependant un certain nombre d’Etats ont inscrit dans les politiques publiques le mix énergétique en s’orientant vers les énergies renouvelables dont la rentabilité sur leur parc énergétique est non négligeable. Le Sénégal en constitue un exemple déterminant. En effet, le gouvernement du Sénégal s’est engagé à devenir une plateforme ouest-africaine de l’énergie verte et a déjà commencé à concrétiser cette option avec l’inauguration de cinq centrales (4 thermiques 1 éolienne) sur plusieurs en construction. Avec 45% de sa population qui n’ont pas accès l’électricité, le pays compte réduire ce gap énergétique en construisant plusieurs centrales photovoltaïques.
Conscient de son fort potentiel d’ensoleillement, le Sénégal a déjà réceptionné les centrales thermiques de Bokhol 20MW, de Malicounda 20MW, de Santhiou Mékhé 30MW et de Kahone 104MW. A celles-là il faut ajouter celles de Mérina Dakhar 29MW de Sakal 20MW et de Dias
15 MW. A termes le pays disposera de 218 MW d’énergies thermiques auxquels il faut ajouter les 150MW produits par la centrale éolienne de Taiba Ndiaye. Fort de tout cela, le Sénégal honorera son engagement pris lors de la COP 22 de Marakesh de compter 20% d’énergie renouvelable dans son parc énergétique fin 2017 et de réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Ce qui permet à la Société Nationale de l’Electricité (SENELEC) d’éviter le dépôt dans l’atmosphère de 150 millions de tonnes de C02 par an.
Ces investissements sur les énergies renouvelables ont généré beaucoup d’emplois pour l’entretien des panneaux solaires. De plus les centrales photovoltaïques ont permis à l’Etat du
Sénégal d’économiser plusieurs milliards de FCFA qu’il se voyait obligé d’octroyer à la Société Nationale d’Electricité (SENELEC) chaque année pour l’achat de combustibles devant couvrir les besoins en électricité des populations.
Conscient de tous ces potentiels au niveau africain, il appartient aux décideurs d’orienter leurs politiques énergétiques vers les sources d’énergies naturelles. Car il est de la responsabilité de cette génération de se préoccuper du bien-être des populations actuelles, mais surtout celle du futur. La planète n’est pas notre propriété exclusive, mais un bien hérité de nos ancêtres qui ont su veiller à sa protection. Dès lors, il relève de notre responsabilité morale de la préserver afin de permettre aux générations futures d’y vivre avec décence et aisance. Car l’enjeu climatique est un enjeu de développement, de paix et de sécurité pour le monde entier et particulièrement pour l’Afrique où le besoin énergétique a poussé bien des populations à se soulever contre les gouvernants faisant parfois de nombreux morts. Dès lors la dépendance aux énergies fossiles plus que jamais menacées d’extinction, relève, tout bien considéré de l’insécurité. Seul l’investissement aux énergies renouvelables, du fait son faible coût et anodines à l’environnement, est le garant d’une Afrique prospère et stable.

Mamadou Gueye
Gender specialist/Human rights defender
Email : gueyemamadoudia@yahoo.fr

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Daouda SOW

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