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Après 35 ans de crise en Casamance, le « Naran » peine à relever la tête

De Youssouf DIMMA, Ziguinchor

Le Naran, localité traditionnelle composée de plusieurs villages, est située à la lisière de la frontière sud de la Gambie, dans l’arrondissement de Kataba 1, département de Bignona. De Ziguinchor, capitale de la région du même nom, le Naran est situé au nord-ouest et le village le plus connu de cette contrée est Séléty, par ailleurs « poste-frontière » sénégalais.
Jadis considérée, à l’image d’autres localités du nord du département de Bignona, comme étant une « zone rouge », du fait de l’insécurité qui y sévissait, le Naran est actuellement un havre de paix, où les populations vaquent tranquillement à leurs occupations jour et nuit, y compris jusqu’au petit matin.
Seulement voilà, les stigmates de la crise, que la région naturelle de Casamance a endurée pendant 35 ans, plombent les efforts fournis par les autorités. Pas moins de 20 000 habitants du Naran pour « sortir la tête de l’eau ».
Conscientes de cet état de fait, les populations décident de s’organiser autour d’un bloc monolithique et solide; à savoir le réseau pour le développement du Naran lancé ce week-end à Tambacounda, village situé à 102 kilomètres au nord-ouest de Ziguinchor.
Parmi les stigmates de la crise en Casamance, qu’il faut vite corriger, figure en bonne place le manque criard d’infrastructures.
En effet, ces villages qui font la course en tête de peloton en matière de fruiticulture en Casamance, n’ont, selon Famara Sagna, président du réseau pour le développement du Naran, « absolument aucune piste de production devant permettre l’acheminement des fruits des villages intérieurs vers les zones marchandes de l’arrondissement de Kataba 1 ».
Côté éducation, certains établissements de cette contrée, à l’image des deux salles de classe de l’école élémentaire de Tambacounda construites en 1963, non jamais été réfectionnés ni reconstruits. A en croire Famara Sagna, « les élèves étudient dans des huttes construites en lattes de bambou communément appelées ‘’krinting’’; huttes qui ont été démolies à cause de la pluie ».
Côté santé, le président du réseau pour le développement du Naran a déclaré que « le seul poste de santé en état de prendre en charge plus ou moins bien les patients, est celui de Séléty ; la case de santé de Tambacounda a été par exemple construite par les populations elles-mêmes qui ont cotisé selon les possibilités financières de chaque famille ».
Pour lui, les femmes enceintes sur le point d’accoucher « sont généralement transportées à bord de motos-taxis et transférées au poste de santé de Séléty situé à une dizaine de kilomètres de Tambacounda. »
L’accès à l’eau potable constitue un casse-tête pour les habitants du Naran. En effet, ce sont des puits de fortune qui ont été forés par les populations et, pour y mettre un peu de sécurité, elles y ont disposé çà et là, deux à trois pneus. C’est, selon les familles propriétaires desdits puits, « pour empêcher les animaux et les enfants d’y tomber accidentellement ». Quid de l’hygiène ? Elles estiment que c’est une autre équation à résoudre, la formation des jeunes filles et garçons oisifs aussi.

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Daouda SOW

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