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Amnesty international publie un rapport accablant sur l’armée camerounaise

Amnesty international a publié ce jeudi 20 Juillet, les conclusions accablantes de ses enquêtes menées sur les cas de tortures perpétrés par l’armée camerounaise. Des présumés membres ou souteneurs du groupe terroriste Boko Haram sont les principales victimes de ces actes qualifiés par l’organisation de défense des droits de l’homme de « crime de guerre ».

« Des centaines de personnes accusées, souvent sans preuve, de soutenir Boko Haram sont violemment torturées par les forces de sécurité », renseigne le rapport d’Amnesty. L’organisation a pu obtenir ces informations grâce à une enquête menée au Nord du Cameroun, théâtre des affrontements de l’armée et de  Boko Haram.

Les enquêteurs d’Amnesty international ont pu recueillir des témoignages d’anciens détenus qui ont décrit les sévices qu’ils ont subis lors de leur détention. « Ils (les éléments de l’armée camerounaise ndlr) m’ont demandé de leur dire si je connaissais des membres de Boko haram. C’est à ce moment-là que le gardien m’a attaché les mains et les pieds derrière le dos et a commencé à me frapper avec un câble électrique, tout en m’aspergeant d’eau. Ils m’ont pratiquement battu à mort », confie Samou à propos de son interrogatoire.

Amnesty international a appuyé ses propos par des vidéos, photos et images satellites. Sur une des vidéos qui a été projetée devant les journalistes, un homme est battu et trainés sur près de 50 mètres par des vêtus d’uniformes du Bataillon d’intervention rapide (BIR), les forces spéciales qui combattent Boko Haram au nord du Cameroun. Un autre homme est également battu et trainé à terre alors qu’il a la tête en sang. Les images satellites fournis par Amnesty international a permis d’identifier les cellules où les détenus étaient logés.

Projection des films sur les tortures

« La population du nord est dans une situation complexe et difficile, elle d’un côté attaqué par Boko Haram et victime de violation des droits de l’Homme de l’autre par l’armée camerounaise. » souligne Stephen Cockburn, Directeur régional chargé de la recherche.

Le gouvernement Camerounais interpellé par Amnesty n’a pas répondu. Néanmoins, l’organisation exige l’overture d’une enquête indépendante pour mettre la lumière sur ces actes de tortures. Elle a également interpellé la France et les Etats-Unis sur la présence de leurs éléments au Cameroun dans le cadre de la lutte contre Boko Haram. Amnesty leur demande d’ouvrir une enquête auprès de leurs soldats pour savoir si ces derniers étaient au courant de ces tortures.

A propos de l'auteur

Papa Atou Diaw

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