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Ramadan: Les Prix de la viande et du poulet flambent déjà !

Alors que la fête de l’Aïd el Fitr approche à grand pas, les prix de certaines denrées de base, comme la viande et le poulet, flambent sur certains marchés de Dakar . Des consommateurs, notamment des femmes de ménage qui se disent des laisser-pour compte indexent les bouchers.

Le  marché Dior des Parcelles assainies renoue avec l’ambiance des grands jours. A deux semaines de la korité, il est difficile ici de se frayer un passage. Si les uns se  bousculent pour aller préparer, la rupture du jeun, les autres se débrouillent pour trouver de l’argent, afin de bien préparer la fête de korité. Et dans cette quête, les denrées alimentaires occupent une bonne place. Mais pas à la portée de tous les consommateurs ou du sénégalais moyen, car les prix connaissent depuis quelques jours des hausses qui ne sauraient se justifier, si ce n’est pas le contexte de fête.

Cheikh Touré, qui tient un magasin en demi-gros, confirme la tendance haussière des prix ces derniers jours. « Depuis quelques jours, beaucoup de gens notamment des  femmes  viennent se renseigner sur les prix en perspective de la Korité. Mais rares sont celles qui en achètent, car elles  se plaignent des prix qui  ont flambé. Et il est vrai qu’il y a eu une hausse des prix depuis la semaine dernière. A titre  d’exemple, la viande de bœuf a connu une augmentation, le kilogramme est passé de 2800 francs à 3000 francs Cfa ».  Ce que confirme le boucher Pape Ngom. « Durant le Ramadan, le kilo de viande de bœuf était à 2800 francs Cfa. Là, depuis ce week-end, il y a eu une augmentation du prix, puisqu’on est à 3000 francs le kilo, soit 200 francs Cfa de plus », explique ce boucher du marché Dior qui, pour justifier cette  hausse explique que le marché n’est pas suffisamment approvisionné en vaches en cette période.

‘’Les routes, dit-il, ne sont pas praticables en ce début d’hivernage, et les convoyeurs mettent du temps pour arriver à Dakar. Donc, ils sont obligés d’augmenter le prix à cause des frais énormes en cours de route.’’

‘’Nous, nous achètons le kilogramme en gros à 2.400 francs. Par conséquent, on le revend au détail à 2.800 francs pour la viande avec os, et à 3.000 francs pour celle sans os’’, ajoute-il.

Un avis que partage son voisin Mamadou Woury Ba. ‘’La hausse du prix est liée au fait qu’il y a moins de vaches à la Seras durant cette période. Les vendeurs viennent de la Casamance, du Fouta et du Mali. Donc, ils préfèrent attendre la fin de la période hivernale pour vendre plus cher’’, confie-t-il.

«Il y a des femmes qui ont déjà commencé à acheter de la viande pour la garder et éviter ainsi de devoir débourser encore plus dans quelques jours, car le prix devrait encore monter jusqu’à 3500 francs CFA pour le bœuf. Mais elles ne sont quand même pas très nombreuses », renseigne le jeune boucher qui indique que la viande de mouton est aussi en hausse, avec un kilo aux alentours de 3500 francs Cfa, contre 3300 francs Cfa, il y a peu.

Cette hausse des prix n’épargne pas non plus le poulet très prisée lors de cette fête religieuse. Ainsi, la viande qui avait connu un tassement de son prix avant le Ramadan a vu celui-ci s’envoler de nouveau en cette veille de fête de Korité.

Babacar Cissé, distributeur de poulets basé aux Parcelles assainies, souligne que la volaille est toujours accessible. « J’ai des poulets de 2500, 3500, 4000, 5000 et même 6000 francs CFA. J’ai des petits poulets, des gros comme des moins gros. C’est selon la bourse du client que je vends. Je n’ai rien  augmenté, ce sont les mêmes prix que je pratiquais avant qui sont en cours, même si on est à l’approche de la Korité », dit-il.

Et à ceux-là qui craignent une pénurie de poulets, Babacar Thiam les rassure. « Il y a assez de poulets pour la Korité. Cette année-ci, il n’y a aucun risque de pénurie ou de manque de poulets. Des poulets, il y en a vraiment assez sur le marché », affirme le fournisseur, qui trouve quand même que « les prix sont un peu chers. Mais c’est à cause des aliments. L’aliment de volaille coûte trop cher au Sénégal ».précise -t-il.

En dépit de ces explications, les femmes rencontrées au marché Dior soupçonnent les bouchers d’avoir volontairement revu les prix à la hausse.

Mme Ndour, née Fatou Diène dénonce cette situation, qu’elle explique par la rareté du poisson mais, surtout, par la volonté des vendeurs de viande de vouloir se sucrer sur le dos des ménagères

A côté d’elle, Mareme seck, une vieille dame au visage ridé elle soutient que le poulet est cher. «  C’est très difficile pour nous en cette veille de fête pour avoir un poulet. J’ai payé cinq poulets  à 4000 francs l’un. C’est dur, surtout, en cette période de ramadan’’, se plaint-elle

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Abdoulaye Diallo

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