A LA UNE Actualité economie societe

Sabodala: Déguerpissement, un sujet qui fâche

De Alioune Badara SALL, Kédougou

Les habitants du village de Sabodala vivent au quotidien dans la psychose d’un déguerpissement du jour au lendemain. En effet, le site en question fait partie d’une grande superficie de terres appartenant à la société Senegal Gold Operations (SGO). Cela, grâce à un accord avec l’Etat du Senegal, d’un droit d’exploitation d’or sur une période de 25 ans renouvelable. Seulement, ces populations risquent d’être chassées de chez elles pour que la société puisse exploiter librement sans résistance de la population autochtone.

Sabodala est un des villages du département de Saraya. Il est rendu célèbre par les gisements d’or sur son sol tout comme les autres villages. La population en tire profit en faisant de l’orpaillage sa principale activité économique. Mais cette exploitation se fait avec des moyens rudimentaires (pelles, marteaux piqueurs, …) ne leur permettant pas d’extraire de l’or en profondeur. Consciente de la richesse du sol en mines, une entreprise étrangère composée de plusieurs nationalités a signé un contrat d’exploitation renouvelable sur une superficie de 1000 kilomètres carré selon certaines sources. Cette société devient ainsi propriétaire de ces terres.
Ce monopole de la société n’est pas du goût des populations de Sabodala et environs sur les terres qui sont celles de leurs ancêtres. Le plus souvent, des manifestations ont lieu pour dénoncer la manière dont la société les traite. Le village de Sabodala est assis sur une mine d’or que la société va exploiter après avoir fait le tour des sites aux alentours. Mais à Sabodala, personne n’en parle. Le déguerpissement est un sujet tabou.
A notre arrivée pour faire un reportage sur ce sujet, le chef du village a refusé catégoriquement qu’on entre dans le village et recueillir les avis des populations. Nous nous en sommes conformé. Toutefois, nous avons pu déceler dans ce refus à quel point le sujet était délicat. Selon quelques personnes que nous avons pu approcher, ils ont même sommé les étrangers de ne pas s’y prononcer faute de quoi, ils n’hésiteront pas à tenter de les intimider. Sabodala est habité par des peuples, mystiques.
Joint au téléphone par nos soins, le directeur des relations communautaires de la SGO n’a pas voulu se prononcer. Monsieur Dabo de nous souligner que quand ça touche ou implique l’Etat, on devrait s’adresser à leur supérieur. De Dakar où il se trouve présentement, il nous a renvoyé auprès de Monsier Aziz Sy, directeur général de la société SGO basé à Dakar.
En attendant de le rencontrer, les habitants de Sabodala vivent difficilement avec le manque d’eau potable à cause duquel, ils se rendent dans les villages environnants pour s’en procurer. Le bras de fer entre la société et les populations ne connait pas encore son épilogue.
Le soir, Sabodala, ce petit village, grand de par le nom, est presque noir faute d’électricité. Ici, on s’éclaire à la torche ou avec des phares de motos dont le vrombissement des moteurs rythme le quotidien de ces sénégalais désemparés et pris de panique constamment.

A propos de l'auteur

Daouda SOW

Laisser un commentaire

Close