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Renouvellement du personnel syndical dirigeant au Sénégal : Plus qu’une nécessité !

Quatorze centrales syndicales seront en lice le 30 Mai 2017 pour les élections de représentativité. Des élections à l’issue desquelles seules les centrales qui auront au moins 10% des suffrages exprimés seront considérées comme les plus représentatives là où dans certains pays d’Afrique le seuil est fixé à 25%. Ces centrales seront en d’autres termes les partenaires sociaux de l’Etat qui siégeront dans les conseils d’administration de l’IPRESS de la caisse de sécurité sociale, qui représenteront également les travailleurs dans le Conseil Economique Social et Environnemental et dans les autres institutions sous régionales. Mais aussi elles bénéficieront  des 600 millions de Frs CFA accordées par l’Etat du Sénégal.

De quoi alimenter l’appétit de certains dirigeants du mouvement syndical qui ont du mal à renouveler leur personnel syndical. Parmi ces quatorze centrales syndicales, en l’espace de 20 ans seule la confédération des syndicats autonomes a connu une alternance générationnelle avec Mamadou Diouf qui a cédé son fauteuil à Elimane Sall. Le désormais ex patron de la CSA préconise d’ailleurs « une alternance générationnelle à la tête des centrales syndicales. Je pense que certains sont plus de vingt ans a la tête de leurs structures  et ils bénéficient des privilèges qui font qu’ils ne veulent pas renoncer a leur poste. Ainsi, Mamadou Diouf dénonce «  moralement un syndicaliste en retraite ne doit pas faire observer une grève à un militant actif et c’est ce qu’ont voit pour la plus part des cas dans le mouvement syndical ».

Pourtant, on a assisté à la consolidation et à la quasi-généralisation de tares monstrueuses, qui avant 2000, restaient confinées  aux syndicats dits participationnistes, dont la CNTS constituait l’exemple le plus achevé. On pensait, alors naïvement qu’avec la disparition du Parti-Etat “socialiste”, on allait assister à la généralisation du syndicalisme autonome, dont des organisations telles que l’UNSAS dirigé depuis  Mademba Sock, la CSA qui a connu une alternance générationnelle… étaient les pionnières. Quelle ne fut donc la surprise des Sénégalais de voir certains parmi les syndicats jadis réputés progressistes voire révolutionnaires, liant leurs luttes avec celles populaires, s’engager dans les méandres de la mal-gouvernance et de la tortuosité, conduisant entre autres conséquences, à l’absence de démocratie à l’émiettement des organisations syndicales avec le développement de tendances anarcho-nihilistes pour certaines d’entre elles. Awa Wade la secrétaire générale de L’UDEN, organisation syndicale  affiliée à l’UNSAS se démarque de cette pratique syndicale qu’elle ne cesse de dénoncer. « Il y a des secretaires généraux de syndicats qui ne veulent jamais organiser des congrès à date échue et on ne les voit à la base que si les élections approchent. Sur les listes ce sont les mêmes depuis 15 voire 20ans ». Une absence totale de démocratie et « le gouvernement n’hésite pas à parrainer certaines centrales syndicales ».

De fait, alors qu’auparavant l’alternance à la tête des organisations syndicales allait de soi, que des dispositions statutaires interdisaient le cumul de fonctions gouvernementales ou institutionnelles avec celles de membres de membres de la direction des syndicats, la situation allait radicalement changer. Certains syndicats réformistes, en plus d’adopter des postures corporatistes et égoïstes, ressemblaient de plus en plus à des partis politiques. Un secrétaire général de centrale syndicale pouvait désormais être PCA, député ou sénateur.

Les travailleurs qui n’ont que leurs yeux pour constater cette pratique  se sont pour la plus part résignés.

Tout cela a conduit à l’inefficacité observée depuis quelques années dans la lutte syndicale, marquée par l’émiettement du mouvement syndical et une absence de démocratie interne qui aboutit au non renouvellement du personnel syndical dirigeant.

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Abdoulaye Diallo

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