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Paiement des bourses à l’UCAD: Les étudiants se servent à cœur joie

Sac au dos, visage à peine voilée, Astou Diouf vient d’arriver au guichet automatique en face de l’Ecole national de développement sanitaire et social (ENDSS). Avec délicatesse, l’étudiante en Master 2 sort sa carte GAB (guichet automatique de banque) et se met dans le rang. L’heure est au retrait de la bourse. Visage souriant, elle lance « c’est notre droit de prendre cet argent ». Quelques minutes après, trois autres étudiants intègrent le rang derrière elle. Il est 14h sur l’avenue Cheikh Anta Diop de Dakar.

Venu tout droit des cours, Mohammed Bâ se faufile entre les voitures et vient rejoindre le groupe. Avec une seule idée en tête, prendre sa bourse. Le rang s’allonge.

Depuis la sortie du communiqué du gouvernement, les étudiants n’ont pu trop attendre pour prendre d’assaut les agences de banques. « C’est la ruée  des étudiants dans les guichets automatiques », confirme un agent de la banque.

Non loin de là, au rond point du grand portail du campus social de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Edouard Diouf s’apprête à prendre un bus. Etudiant à la Faculté des Sciences et Techniques de l’Education et de la Formation (FASTEF), il a reçu sa bourse le mardi 9 mai – date effectif du payement des bourses. « Il s’agit d’une bourse de troisième cycle d’un montant de 60.000 francs CFA par mois », explique-t-il. Après l’avoir obtenu pendant cinq années au Département de Sciences naturelles de la Faculté des Sciences et Techniques, il continue de le percevoir.

Il est aisé de lire sur les murs du campus social « Ma bourse, mes études ». Pour la quasi-totalité des étudiants, percevoir cet appui financier, et de manière régulière est un garanti pour réussir son passage à l’université. Le gouvernement n’ignore pas cet aspect. C’est pourquoi, son communiqué stipule « conscient du rôle prépondérant que jouent les bourses dans le cursus universitaire des étudiants, l’Etat du Sénégal est plus que jamais disposé à les accompagner dans leurs études ».

Abdoulaye Diop quand à lui grince des dents. Rencontré aux abords de l’allée communément appelée « couloir de la mort », non loin de l’Institut des langues étrangères appliquées (ILEA), il a repris la deuxième année de Géographie. Tablette entre les mains, il regrette « je n’ai plus de bourse ». L ‘air un peu abattu, le ressortissant de Fatick, affirme « qu’il est vraiment difficile d’être étudiant sans percevoir de bourses ». Mais il promet « je vais réussir et reprendre ma bourse ».

Pour rappel, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Mary Teuw Niane avait déclaré, samedi 6 mai à Ziguinchor que l’Etat du Sénégal décaisse chaque année 52 milliards de francs CFA pour le paiement des bourses d’études de plus de 80.000 étudiants.

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Daouda SOW

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