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Médias au Sénégal: Diagnostic d’un « grand corps malade »

Par Miguel Khalil GODONOU

 

Au lendemain de la marche des journalistes, le Centre d’Etudes des Sciences et Technique de l’Information (Cesti) en partenariat avec la Fondation Konrad Adenauer (Fka) ont lancé le nouveau numéro des « Cahiers de l’alternance ». La publication porte sur le thème « Médias au Sénégal : entre mutations et contraintes ». 
Contenant près de 300 pages, il s’agit d’un numéro double (19 – 20) écrit par des étudiants de la 43e et 44e promotion du Cesti, qui expose les maux qui décrypte et analyse l’état du paysage médiatique au Sénégal. « C’est un exercice qui entre dans le cadre de la pédagogie active », explique Mamadou Koumé, enseignant et coordonnateur du programme au Cesti.
Dans la première partie des Cahiers, les étudiants se sont intéressés aux paysages des médias classiques (presse écrite, radio et télévision). Ils y ont fait une immersion pour comprendre les rouages comme en témoigne Omar Bayo Ba. « Nous avons beaucoup appris des métiers connexes aux Médias ». L’importance des e-medias a également été abordée.
Face à cette description de l’univers médiatique actuel, le représentant résidant de la Fka, Thomas Volk, avoue que l’ouvrage, « retrace ses évolutions à la fois rapide et éblouissante avec l’arrivée des médias sociaux, la numérisation qui résultent des progrès technologiques ». Pour sa part, Bernadette Sonko, la représentante du Directeur du Cesti, a touché du doigt la libéralisation des médias, qui en « mettant fin au monologue des médias d’État » a favorisé « une floraison » de journaux écrits, de chaînes de télévision et de radios.
L’autre partie de l’ouvrage a été consacrée au cinquantenaire du Cesti. L’institution a formé 1.149 journalistes de plusieurs nationalités. Ses anciens pensionnaires ont apporté leurs témoignages teintés d’anecdotes et de nostalgie dans les colonnes de l’annuaire.
La Presse en Marche
La veille de ce lancement, les « professionnels de l’information » du Sénégal à savoir les journalistes, les techniciens et les patrons de presse se sont donné la main pendant le temps d’une marche de contestation. De la place de l’Obélisque – place de La Nation – au rond-point de la Radiotélévision Sénégalaise (RTS) où ils ont fait un sit-in, ils ont exigé l’adoption du nouveau code la presse. Pancartes à la main, et vêtu de rouge pour la plupart, ils ont scandé, entre autres, « Presse précarisée, démocratie en danger ».
Sous une autre forme, cette phrase est revenue dans l’intervention de la représentante du Directeur du Cesti « toute entrave à l’information traduit un recul de la démocratie ». Cette réalité traduit fort bien ces contraintes qui sévissent dans les médias dont les rédacteurs de l’actuel « Cahiers de l’Alternance » ont parlé entre les lignes du nouvel opus journalistique.
De l’assainissement de secteur de la publicité à la demande d’un « fonds de développement de la presse », ils ont passé en revue toutes leurs requêtes. «Il faut voter le code de la presse car la plupart de nos revendications y sont prises en compte », a insisté Bacary Domingo Mané, président de la Coordination des associations de presse (Cap). Après lecture, il remet le mémorandum au Secrétaire d’Etat à la communication du gouvernement, Yakham Mbaye.

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Daouda SOW

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