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Connaissez-vous le Cadi, ce juge musulman au Sénégal ? Cadi !

Le cadi est un juge musulman qui règle les problèmes quotidiens tels que le divorce, la répudiation, l’héritage, la succession etc. Au Sénégal, ils existent toujours et ce, depuis le milieu du 19ème siècle, aujourd’hui on les trouve dans les tribunaux. « Il est consulté par le juge sur des questions relatives au droit musulman, il donne ainsi son avis sur la question par rapport au code de la famille et non par rapport à sa conformité à la religion », précise le juriste Abdou Khadre Sow. Le président prend en compte son avis pour rendre une décision. Il est donc une sorte d’assesseur qui donne des avis au président de tribunal.

Pourtant, il fut un temps où les Cadis étaient juges et rendaient des décisions. C’est en 1857 que Faidherbe a promulgué la création du premier tribunal musulman du Sénégal à l’époque à Saint Louis. Cette décision fait suite à une série de réclamations des populations de Saint-Louis en 1832, 1843, 1844, et 1847 qui voulaient que leurs affaires soient jugées conformément à leur religion. Faidherbe nomma ainsi Hamat Ndiaye Ann aux fonctions de Cadi, Bou El Mogdad Seck comme adjoint et Pathé Diagne comme greffier. A l’époque les décisions étaient transcris en français et en arabe jusqu’en 1911, date à laquelle le français devint la seule et unique langue officielle de la colonie.

Mais aujourd’hui, les choses ont changé, peu de gens connaissent l’existence des Cadis et leurs rôles demeurent encore méconnus. « C’est lorsque les blancs nous colonisaient que les cadis avaient une grande envergure » se désole Mouhamad Abdallah Séne, cadi du tribunal d’instance de Dakar. La plupart des personnes qui viennent le solliciter le font pour régler des questions de successions, puis suivent les affaires de divorce.

Pour devenir Cadi, Mouhamad Abdallah Séne, qui est par ailleurs imam, a fait des études de jurisprudence et a approfondi ses connaissances sur les questions de succession islamique. Selon lui, il faut une spécialisation en droit de succession islamique. «J’ai déposé ma candidature avec mon dossier qui a suivi le circuit et j’ai finalement été nommé par décret présidentiel » explique-t-il.

Depuis la disparition de l’Imam Maodo Sylla en 2001, la fonction de Cadi a également perdu de sa superbe. Actuellement, aucune démarche n’est encore officiellement entreprise pour mieux faire connaitre les cadis à la population.

A propos de l'auteur

Papa Atou Diaw

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