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Alain Gomis « Félicité » à Sorano

De Dieudonné Abimbola

Le film commence avec la voix envoûtante et savourante d’une jeune femme. C’est Vero Beya, congolaise de nationalité, Félicité pour la circonstance, qui anime une soirée dansante dans un rythme local congolais. Mais un élément viendra perturber sa vie de chanteuse .
Elle se plaignait des pannes incessantes de son réfrigérateur, quand on l’informe de l’accident de son garçon. Samo, son seul fils est hospitalisé et doit subir une opération de plus d’un millions de francs congolais. Ainsi commence le calvaire pour Félicité. Toute tracasserie pour sortir son garçon de l’hôpital sera un véritable parcours du combattant. Après de maintes souffrances et opprobres, elle finit par rassembler la somme demandée. Mais, c’est déjà trop tard. Les carottes sont cuites. La jambe de Samo est amputée, malgré l’effort, la peine et les injures subis par Félicité.
La vie reprend son cours chez Félicité, qui va puiser dans le tréfonds de son courage et de sa passion pour la musique pour continuer sa vie de chanteuse. La situation de handicap de son garçon Samo abandonné par son père la mortifie .
Mais son cœur chagriné et jonché d’épines et de déception amoureuse va finalement trouver un consolateur, Tabu. Un frigoriste du quartier qui tentait sans succès à être la compagnie de la jeune dame, réussi à semer l’espoir dans la vie de samo et gagne le cœur de Félicité, celle qui n’aimait pas autrefois sentir le parfum de l’homme.  »Euh fais doucement  »,lâche Félicité au moment où le Frigoriste l’enveloppe dans ses bras, sous le regard acquiescent du jeune Samo.
La première projection de ce long métrage de 122 minutes primé Étalon d’or au Fespaco2017, réalisé par le Franco sénégalais Alain Gomis, représente la première d’avant nationale ce mardi soir au théâtre Daniel Sorano, et a plongé l’assistance dans l’émulation et la compassion.

Pour Alain Gomis, entouré pour la circonstance des acteurs du film, Vero Beya en première ligne, « c’est un long métrage qui montre la dignité de la femme, celle qui se batte tous les jours pour leurs progénitures ». Avant de préciser que c’est la photographie de la réalité que vit le continent africain. Et pour Omar Sall, le producteur d’ajouter que le film représente l’image, l’affichage du Sénégal.
« Le cinéma reste un secteur pourvoyeur d’emplois, et souffre aujourd’hui de plusieurs maux, notamment l’absence de salles de cinéma, le manque de festivals sur le continent et le manque de formation des acteurs », explique – t-il. C’est pourquoi les politiques doivent accompagner « la production pour permettre aux cinémas africains de participer au développement de l’art mondial » souhaite -t-il.
La projection a eu lieu en présence de Yousou Ndour, ministre conseiller du président Macky Sall, et parrain de l’événement. Ce dernier n’a pas caché sa satisfaction à l’issue de la soirée.
Après l’ étape de Sorano, le film sera projeté dans des Centres culturels et à l’université de Dakar.

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Daouda SOW

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